Il y a des aubes… et aussi autre chose

Longtemps je me suis levé de bonne heure… Il y a comme ça des aubes où je me lève avec une niaque d’enfer ou plutôt corrosive. De celle qui me fait dire quand je suis seule avec moi-même à quoi bon tout ce merdier ? Et ne me faites-pas l’injure de lever les yeux au ciel. Ce sont des mots que l’on se dit quand on est justement seul avec soi-même. Je ne parle pas de ma vie privée. Elle est chouette, je l’en remercie. Non, je parle de la vie d’auteur avec ou sans e et de celle d’écrivain avec ou sans e. Ces derniers temps – un vieux rêve qui a pris des années sans prendre une ride – je réfléchissais à la création d’une maison d’édition avec un concept, j’en suis certaine, qui marcherait du tonnerre de Dieu tant il casse les codes de ce petit monde pépère et carnassier. Et derrière, cette interrogation récurrente qui s’ancre comme une marée mélancolique : à quoi bon embarquer sur une galère qui ne t’emmènera jamais à Cythère ? A quoi bon se démener pour des moussaillons de la plume qui se prenne pour des continents perdus de la littérature et dont l’ego pèse huit tonnes. A quoi bon se démener pour un lectorat qui jouit au feel good, à l’hémoglobine meurtrière, au sexe torride et papivore et y cherche, peut-être le trouve-t-il, un exutoire à l’étroitesse de son quotidien. A quoi bon embarquer sur cet esquif aléatoire X bonshommes et bonnes-femmes qui valent vraiment la peine que l’on fasse une escale (je pense à toi Sinzo), quand on a dans les pattes, la dureté du chemin des livres ? L’enthousiasme est une belle boussole mais elle ne suffit pas toujours pour arriver à bon port.

Pour un indépendant (mais pas que), être sur Amazon, c’est s’accrocher à un miroir aux alouettes. C’est l’aiguille dans la botte de foin. Un travail de Pénélope où il faut se remettre chaque jour à l’ouvrage, tisser à l’aveugle une toile éphémère et infidèle qui se barre flasher à coup de smartphones virtuels, on appelle ça des commentaires, tout ce qui passe à portée de son caddie, ou plus exactement de son panier. Se constituer un réseau est l’autre maître mal de la chose. Tapiner sur le net, butiner de groupes en groupes, y déposer son post en escomptant (souvent en vain) que le pouce bleu aille plus loin que d’y laisser la fugacité de son empreinte, via chroniques et autres masturbations propitiatoires, courir les salons et les séances de dédicaces en désespérant du temps qui s’étire et du chaland fantasque, s’afficher sur les plate-formes qui à coup de marketing compétitif te promettent monts et merveilles et bien sûr, faire de l’auto-promo qui se résume à baisser son froc en cassant les prix.

En cette aurore brouillardeuse qui enveloppe les vignes alentour, je casse donc ma vitrine. Plus d’Amazon. Plus de numérique. Juste du papier imprimé at home. Je suis fière de mes foutus livres, mais à trop sommeiller sur les étagères virtuelles depuis six ans, ils se demandent eux-aussi si le jeu en vaut la chandelle. « N’entre pas dans le cadre de nos collections » les ont tancés une vingtaine d’éditeurs pour les deux premiers (Les Microbes de Dieu et Alzheimer… même toi, on t’oubliera). J’ai renoncé à envoyer les autres au charbon. Ah si ! Un directeur de collection d’une vieille maison d’édition germanopratine m’a fait gentiment remarquer que Goodbye Gandhi manquait de sexe, condition sina qua non pour se convertir en produit consommable. Je l’ai envoyé se faire voir. Outre les excellentes chroniques (ce dont je remercie celles et ceux qui se sont attelés à la tâche) Goodbye Gandhi a reçu un prix, celui du polar auto-édité 2016 décerné par le leader français de l’auto-édition (ainsi se définit lui-même, ce site), The Book Edition. Une grosse farce, un fake comme dirait l’autre, puisque pratiquement aucune de ses promesses* dont la diffusion dudit ouvrage dans les librairies Furet du Nord, n’a été honorée et ce, avec un j’men foutisme qui frise le grand art et que je tiens à saluer publiquement. Et – c’est tout frais -, avec une délicatesse foireuse qui leur semble coutumière, The Book Edition a retiré ce livre de leur site… (avant que je ne le fasse moi-même)… sans autre explication qu’un silence abyssal.

Quant au service presse, vous le savez comme moi, autant pisser dans un violon si vous n’avez pas le cursus éditorial officiel affiché en première de couverture.

Tous de bons et foutus livres, mais pas dans l’air du temps. Ils ne font pas rêver, ils font réfléchir ! A chacun sa pathologie ! Les Microbes de Dieu, Alzheimer…même toi, on t’oubliera, Goodbye Gandhi et maintenant le petit dernier La démocratie est un sucre qui se dissout dans le pétrole. Pour celui-ci, je m’étais dit qu’une préface rédigée par celui qui a inspiré le protagoniste principal, serait un clin d’œil sympa et plein d’humour. Mots perdus, pas de réponse. Il n’y a pas que la politique qui vous coupe du réel, la célébrité aussi. Et pour celles et ceux que cela intéresse, il sera bientôt en vente papier via Lulu et ses distributeurs.

Bref, il est des aubes, comme celle-ci en ce premier décembre 2016, où tout ceci paraît bien vain, d’une vanité honteuse quand je pense à tous ces êtres qui se désespèrent d’une bombe qui les espèrent, de la faim qui les bouffe ou du froid qui les corrode… et que l’on plie dans nos linceuls d’indifférence.

Pourquoi écrire n’est pas la question que je me pose, mais plutôt : pour qui ? Ferré s’est gouré. Les mots n’ont jamais été des armes, mais des pétards mouillés.

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Prix The Book Edition – ce qui aurait dû être
Dédicaces/rencontres organisées au furet du Nord (Nombre de dates et magasins à définir avec le gagnant et les magasins).
Mise en avant et vente du Livre gagnant en version imprimée lors des dédicaces au furet du Nord
Mise en avant et vente du Livre gagnant en version papier dans les librairies « Furet du Nord » (La période de vente est laissé à la liberté du Furet du Nord).
Entrée au catalogue et mise en avant dans les coups de cœur du site Thebookedition.com.
Habillage complet du site Thebookedition.com aux couleurs du gagnant.
Promotion de l’auteur et de son œuvre via site web et réseaux sociaux des différents partenaires du prix.

 

 

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