Perles littéraires

A trop vouloir bien faire, on plonge parfois dans l’absurde comme en témoignent ces phrases écrites par nos Grands-Z-écrivains qui n’ont pas pour autant frémi en enfilant ces perles.

Alphonse Daudet : Quatre mille Arabes couraient derrière un chameau, pieds nus, gesticulant, riant comme des fous, et faisaient luire au soleil six cent mille dents blanches. – Tartarin de Tarascon.

Balzac : La femme de chambre lui cria deux mots à voix basse – La Muse du département.
Je n’y vois plus clair dit la vieille aveugle…- Scènes de la vie privée.
Le diable aime surtout à mettre sa queue dans les affaires des pauvres femmes délaissées, et Caroline en est là… – Petites Misères de la vie contemporaine.

Bonnet, Henri : Je l’ai dit un jour à Léon-Pierre Quint, lui-même homosexuel sans que je le susse… – Les amours et la sexualité de Marcel Proust, Nizet, 1985.

Cherbuliez, Victor (romancier) : Ma mère, c’est pour moi une légende. Il me semble que je n’étais pas né quand je l’ai connue.

Corneille : et le désir s’accroit quand l’effet se recule. – Polyeucte.

Dumas : ah, ah dit Don Manoël en portugais… – Le collier de la Reine.

Headson, Alain : dans cette famille, ils étaient stériles de père en fils.

Hervieu (Paul, de l’Académie Française) : je ne l’avais jamais revu depuis sa mort – La Figure filante.

Hugo : il se leva debout … – Les Misérables.

Farrère, Claude : La forêt vierge est une forêt où la main de l’homme n’a jamais mis le pied.

Mérimée : enfin mettant la main devant ses yeux, comme les oiseaux qui se rassurent… – Colomba.

Musset : la bouche garde le silence pour écouter parler le cœur. – Nuit de Mai, poésies.

Ponson du Terrail : A sa vue le visage du nègre pâlit affreusement, il se précipita vers la fenêtre un pistolet dans chaque main, et de l’autre, il s’écria, enfer et damnation… – Rocambole.

Proust : Elle tendait à mes lèvres son triste front pâle et fade sur lequel, à cette heure matinale, elle n’avait pas encore arrangé ses faux cheveux, et où les vertèbres transparaissaient comme les pointes d’une couronne d’épine ou les grains d’un rosaire…– Du côté de chez Swann

Edmond Rostand, Poésies
Et le peuple saisi d’épouvante s’écarte
En regardant passer sur le brûlant chemin
Ces chevaux bouclés d’or qui marchent sur les mains.

Stendhal : je dirais qu’une femme ne doit jamais écrire que des œuvres posthumes à publier après sa mort.– De L’amour.

Eugène Sue : Je m’en vais mettre les fers au feu pour tirer les vers du nez de Mme Barbançon afin de voir ce qu’elle a dans le ventre !Les Sept Péchés Capitaux

Vernes (Jules) : les doigts du capitaine couraient essentiellement sur le clavier de l’instrument. Je remarquai qu’il n’en frappait que les touches noires, ce qui donnait à ses mélodies, une couleur essentiellement écossaise. – Vingt Mille lieues sous les mers.

Weber (Patrick) :  Celui-ci tendit l’oreille pour essayer de distinguer la forme d’une silhouette dans les feuillages mais il ne vit rien. – Le marteau de Thor, aux éditions Gulfstream.

Zola : oui nous partons, dit Pierre qui se détourna cherchant son chapeau pour s’essuyer les yeux. – Lourdes.
Puis, c’était un capitaine, le bras gauche arraché, le flanc droit percé jusqu’à la cuisse, étalé sur le ventre, qui se traînait sur les coudes. – La débâcle.

D’autres écrivent des phrases qui nous plongent dans des abîmes de perplexité !

Beigbeder (Frédéric) : la liberté n’est qu’un mauvais moment à passer.

Despentes, Virginie : On traque la bonne étoile, on va laisser la nique-tamère side of our soul s’exprimer comme elle l’entend – Baise moi.

Anna Gavalda : il comprit que la fissure était en train de gagner du terrain quand il l’a vit disparaitre au coin de la rue et que son cœur se cassa la gueule dans ses chaussures . – La consolante.
Ils se donnèrent la main en remontant à la surface. La main, c’est bien. Ça n’engage pas trop celui qui la donne et ça apaise beaucoup celui qui la reçoit. Ensemble, c’est tout.

Levy, Marc : C’est cela le romantisme allemand, un rond au milieu d’un carré, pour prouver que toutes les différences peuvent s’épouser… – Toutes ces choses qu’on ne s’est pas dites.

Musso, Guillaume : Dans la vie, les choses qui ont le plus de valeur sont celles qui n’ont pas de prix. -Et après.

Nothomb (Amélie) : La plupart des hommes décharnés ressemblent à des vélos – Epiphane Otos.
Elle pleurait toujours. Ses larmes étaient très silencieuses : il fallait être un homme-oreille pour les entendre au bout du fil. Ainsi sanglote la neige quand elle fond. – Epiphane Otos.

Pancol (Katherine) : Ça parait bête, mais je me suis dit que l’amour, c’est d’avoir le cœur tout enflé d’avoir respiré un vieux pull.La valse lente des tortues.

Ou se plantent dans leur savante démonstration…

Houellebecq (Michel) : La première chose qu’aperçut Bruno, débouchant dans la prairie, fut la pyramide. Vingt mètres de base, une hauteur de 20 mètres : la chose était parfaitement équilatère. – Les particules élémentaires.
Or, il est impossible que la hauteur ait la même longueur qu’un côté. En fait, l’auteur a confondu hauteur et arête. 

A vos plumes ou claviers donc, sans complexe !

21 novembre 2011

2 thoughts on “Perles littéraires

  1. Parfaitement jubilatoire et décomplexant !! ^^
    Celle de Musso est assez poétique, dans le fond…

    Et une à peut-être faire figurer dans ton inventaire :

    Ses mains étaient froides comme celles d’un serpent – Gaston Leroux, Le mystère de la chambre jaune

  2. – Le matin au lever, je dis vague…
    -En distribution postale, je dis- tribue… -Après déjeuner, je dis gère…
    -A 16 heures, je dis-pute les femmes qui prennent les métiers d’hommes
    -Après 19 heures, je diffame les transsexuels…
    -Avant minuit je diffuse en abondance…
    -Après minuit je dis mi-nu…(diminue)
    -Chérie,je t’aime…
    -Moi non plus !!!

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