A chaque étape du pèlerinage hors sol – d’Irlande en Inde, en passant par Venise et Istanbul – où nous entraîne Mélanie Talcott, la jeune Amah, une rescapée de la fatalité, va peu à peu remonter le cours de sa vie en quête de « sa sentinelle perdue », croisant d’improbables mais d’authentiques personnages qui portent tous sur l’existence un « regard qui dénude ». Chaque geste y a son éloquence. Chaque silence y reste habité. Chaque décorum dévoile sa propre mémoire.Chaque « bouffe » y ponctue une philosophie.
« — Pourtant… Pourtant, continue-t-il en nous contemplant d’un air pensif, je suis un monde, comme vous en êtes un, comme toutes ces personnes que l’on croise fugitivement chaque jour, que l’on ne reverra jamais mais avec qui on partage d’un seul regard un peu de notre univers. Moi, çà me fascine ce puzzle. J’ai vingt-deux ans à peine, mais je suis un vieil enfant, je suis déjà blindé, cicatrisé et couturé de partout. Un jour, peut-être parce que j’avais fumé un joint, l’arlequin a explosé et moi avec. La vision que mon corps et mon âme flottaient dans ce puzzle bigarré. J’ai flippé sec. J’ai longuement réfléchi ensuite comment réunir les pièces de ce mantra, être intègre et fidèle à mes convictions. La réponse fut une évidence : faire ce que je veux, comme je le veux, quand je le veux. Vivre mes rêves les yeux et le cœur grands ouverts. « La charité avilit qui la pratique et corrompt qui la reçoit. », comme le disait Norman Béthune. La jeunesse n’a pas besoin que l’on soit charitable avec elle. Elle a besoin qu’on l’aime et la respecte. »
….Vijay Ramalingam avait tellement vu de corps de suicidés, des femmes surtout qui se donnaient la mort en se pendant à un ventilateur, qu’il eut l’immédiate certitude qu’elle s’était pendue avec un foulard ou un linge quelconque, avant que l’évidence ne chasse la logique des apparences. Quelqu’un avait pris la peine non seulement de déposer son corps sur un linceul de fleurs, mais aussi de répandre autour quelques pièces de monnaie et du riz safrané. Quelqu’un qui avait assisté ou organisé ce suicide et qui connaissait les rudiments des rites funéraires indiens et s’était efforcé de respecter, du moins à sa manière, la défunte dont le visage exprimait étrangement plus la sérénité que la peur. Il soupira, se demanda pourquoi cela ne l’étonnait jamais que bien des personnes que l’on qualifiait avec une vénération non dénuée d’envie d’extraordinaires, finissent un jour ou l’autre par se retrouver dans une poubelle, sortit son mobile indien BSNL et appela son supérieur, Ravi Kumar.
La folie est le rêve d’un seul. La raison est sans doute la folie de tous André Suarès Quatrième de couverture « Transmettre est l’un de nos devoirs terrestres, un passage obligé, une porte entre les mondes. » Norma a consacré une grande partie de sa vie à soigner les autres, jusqu’ au jour où…
Pourquoi certains passent-ils à côté de l’essentiel ? Sommes-nous réellement prêts à voir… ou seulement à croire ? Combien de gens meurent de soif à coté d’un puits ? Combien de gens vont chercher la spiritualité au Tibet ou en Inde alors que leur mère est une sage qu’ils ignorent ? Celui qui part à sa recherche, est-il initié, préparé à la recevoir ? Les Microbes de Dieu n’est pas un livre comme les autres.
C’est d’abord une rencontre. Troublant, remuant, exigeant, parfois déroutant et provocateur, il demande au lecteur de s’accrocher et de lâcher prise à la fois.