Quand la feuille de route du politique fait « son ours »

Virtutem, mente, coronat

Intelligence, probité, travail (devise des imprimeurs)

Ainsi parlaient typographes, imprimeurs, ouvriers, apprentis. Vocabulaire détourné pour motifs politiques.

Le Naïf (patron) a beau dire et rebiffer sans arrêt au truc, jurant toutes les virgules et deux points-ouvrez les guillemets que les affaires vont reprendre, il a beau promettre aux attrapes-sciences (jeunes apprentis) qu’il va tout faire pour qu’ils soient enquillés (embauchés) dans le long terme, jurer qu’ils ne sont pas les chiens perdus de la croissance, il a beau garantir à tous ceux qui sont proches de la retiration (retraite), qu’ils pourront continuer à déguster des allas (pots) de fin de carrière quand et là où ils veulent ou encore offrir un article 4 (pot de bienvenue) aux nouveaux venus, il a beau assurer aux enfants de la balle, ceux qui l’ont plébiscité, comme à tous les chouflics et pétouilles (empêcheurs de tourner à rond) qui ne sont pas de sa paroisse qu’ils finiront tous pas avoir de la pompe (travail), des faces (argent) et déguster de la bonne fripe (bouffe…), bref, faire sans compter des heures en bois (non rémunérées), répéter sans cesse en lorgnant ses passifs (chaussures) qu’il suivra, vents contraires ou vents debout, au chou pour chou (au pied de la lettre) son programme et distribuer des gras sévères (réprimander sévèrement) à ses protes (chefs d’atelier, dans ce cas, ministres et consorts) qu’ils soient à manchettes ou à tablier en les exhortant à suivre au pied de la lettre les copies de chapelle, ses feuilles de route comme il les nomme, rien n’y fait. Ça gourgousse sec et renaude de plus en plus dans les rangs. Il y en a marre d’être coupé (fauché), que la banque de ceux d’en-bas s’amenuise tandis que celle de ceux d’en-haut vole en parachutes dorés, se prélasse en paradis fiscaux ou se la joue blanchie dans le brain-washing de la corruption haut de gamme. Il y a en marre qu’à demander du symbole (crédit), il vous soit toujours refusé faute justement d’avoir le sac (être riche) et que pour solde de tout compte, les loups (créanciers) nous harcèlent. Le bœuf (colère) gronde, les mise-bas (grèves) se multiplient tandis que les crevés (chômeurs) s’accumulent faisant exploser la courbe du chômage. On ne croit plus le Naïf ! (Patron) On lui pige la vignette, on l’écoute d’une oreille de plus en plus distraite nous conter des piaux (nous embobiner de contes). Il faut admettre que bien de ses pallas (discours) finissent par des mastics (nous embrouiller) ! On le trouve canuleur (fatigant), qu’il nous fait de l’épate, en retour de quoi on lui lance des postiches, (on le raille avec des vannes) reprises en boucle dans les médias, on se gausse de lui, murmurant même, au vu des ses amours changeantes, qu’une araignée ferait sa toile dans sa coloquinte. De temps à autre et un peu triste, afin de nous convaincre qu’il est parfaitement à la coule (à la hauteur) de sa fonction de naïf, il visse un ours (il lève le pied) à l’occasion d’un salon ou d’un évènement sportif ou va manger le lapin en toute simplicité après une commémoration officielle. Parfois, il retourne dans son pacquelin (patelin), histoire de se persuader qu’il est page blanche (innocent), que c’est n’est nullement de sa faute si sa langue fourche et que ses mots deviennent parfois les singes de ses idées. De fait, si l’artillerie de sa pensée vire au vinaigre, ce n’est pas toujours lui qui commet un bourdon (faute par omission). Son caïd, son metteur en pages, celui qui fait office de premier ministre, a été récemment pomaqué à aller en Germanie. S’en est suivie une attrapance (polémique) médiatique, l’accusant d’avoir fait une balade aux frais du contribuable. Son metteur en pages a d’abord vivement boulé (rejeté) l’accusation, avant de caviarder l’évènement. Ensuite, il a fanfaronné nous laissant la chèvre en gorge en nous lançant, l’air chevrotin et goguenard, un magnifique « c’est pour les mouches ! » (allez vous faire foutre), pour finalement et publiquement fouailler, en nous jurant toutes ses voyelles qu’il allait faire balai neuf (changer de conduite) et régler rubis sur l’ongle, le voyage de ses enfants. Mais tout cela n’est que prendre une tuite mentale (s’enivrer mentalement), une barbe (soulerie) inutile, car notre indignation n’est jamais assez forte pour nous pousser jusqu’à aller chier dans le cassetin aux apostrophes.

© L’Ombre du Regard Ed., Mélanie Talcott  – 27 janvier 2018
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