Heure d’été…

Pendant ce temps-là, ailleurs...

Les beaux jours renaissant, une lutte éternelle se réitère. Tous les bourrelets disgracieux doivent disparaître. Le bikini minimaliste flotte comme un cauchemar de privations sur nos calendriers effarés. Il reste quelque mois avant l’été pour gommer de nos silhouettes, l’aveu de nos dérives consu- méristes. Avec son corps « Axe », vierge de rides, au cul et aux seins tendus de fermeté, un rang d’abdominaux à vous faire frémir, l’être orgasmique, masculin et féminin, fantasme à nouveau sournoisement nos revanches estivales. Une séduction assassine… Un être « Deus Máquina« , capable bien sûr de faire l’amour sans jamais se fatiguer, sans perdre cette touche esthétique et culturelle, quand non une certaine indolence ironique, qui caractérise sa plastique régénérée aux beaux jours et mise à mort à l’automne.

Cette obsession silencieuse nous corrode encore plus l’âme, quand l’écran de nos nuits blanches nous découvre le corps de ces acteurs, qui paraissent tous être nés du même moule. Quand ils font l’amour, comme l’exige même le plus mauvais des scénarios, les ondulations impressionnantes de leurs hanches mêlent aux torrents de sueur, des cris non moins impressionnants, entrecoupés d’orgasmes cosmiques qui nous laissent l’eau et l’envie à la bouche… Voyeurs de ces scènes torrides et torrentielles, les complexes souvent nous étreignent et nous nous regrettons amèrement notre pauvre condition humaine. Anges tombés, en outre avec les ailes cassées, nous n’avons que nos bourrelets de sédentaires pour nous prendre la main. Sans parler du désir de… qui s’évanouit, bouffé par huit heures ou plus de travail quotidien. Sans parler du stress ou de ces préoccupations que nous fomentent le crédit à payer ou les fins de mois qui se répètent tous les jours de la putain de semaine et les mômes qui cavalent au beau milieu de ce désastre.

Des films aux vidéoclips, sans oublier la publicité et la propagande médiatique, notre inconscient collectif s’inonde de cette frénésie génitale. Cet être solaire de chair et de sang nous renvoie aux maladresses de notre matière, prisonnière d’un corps putrescible qui en ultime offrande à la Vie, finira par nous bercer entre les bras de la Mort, la seule qui ne nous demande jamais notre avis…

Sourions ! …

Echouer est un cauchemar. Réussir, la croix et la bannière…

 

© L’Ombre du Regard Ed., Mélanie Talcott  – 7 avril 2012
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