Le libre penseur, Gilbert Ross

Nous avons tous un certain degré d’admiration pour ces penseurs avant-gardistes qui étaient en avance sur leur temps ou pour ces individus libres d’esprit qui ont eu le courage, la volonté et la perspicacité de s’exprimer malgré le risque d’être considérés comme des non-conformistes et de se faire exclure de la société.

Eh bien, à vrai dire, ce n’est jamais une véritable menace pour les libres penseurs. En fait, ils respirent et s’épanouissent en marge de la société où la structure et le chaos croisent la frontière.

Si vous voulez être un libre penseur, acceptez le chaos, la nouveauté, le changement perturbateur et la non-conformité. Les libres penseurs vivent au bord de la rupture sociale. Ils mènent une vie un peu marginale, à l’écart de l’anesthésie de la normalité et du contrôle institutionnalisé.

Ils ne sont pas prisonniers des parois rigides de la vision du monde qui domine. Ils n’ont pas peur du changement, de la pauvreté ou du complot. Si vous voulez devenir un libre penseur, il y a certaines choses que vous devez reconnaître et comprendre.

1) La créativité est un droit naturel reçu à la naissance
Nous stéréotypons les penseurs créatifs comme des artistes ou des bohèmes qui sont différents des autres. Eh bien, c’est tout simplement faux. Nous sommes tous dotés du don de la créativité. Nous avons été dépouillés de cette disposition naturelle par l’éducation, ou plutôt la scolarité. Le système scolaire est fait pour faire réfléchir tout le monde de la même manière, celle prévue par le point de vue dominant de la société et de la culture.
On décourage les enfants de s’écarter et de penser librement en dehors de ces paramètres. Ils doivent seulement suivre les programmes qui les conduisent à des examens, des établissements d’enseignement supérieur et finissent par faire partie de la main-d’œuvre. Pourtant, la créativité est un droit naturel reçu à la naissance. Ils vous ont seulement appris à le désapprendre sans que vous ne vous en rendiez compte.

2) La pensée de groupe et la morale du « troupeau » sont vos ennemis
La pensée de groupe est l’ennemie silencieuse de la libre pensée. Nous suivons inconsciemment le rythme de la foule. Quand la foule crie, nous nous sentons obligés de crier. Quand la foule panique, nous paniquons. Les émotions, les sentiments et les idées peuvent être très contagieux. Ainsi que la pensée. Il est très facile de suivre la ligne de réflexion de vos pairs et de l’autorité. Pourtant, comme nous sommes endormis par la pensée de groupe, nous perdons le pouvoir de réclamer l’authenticité de notre propre esprit.
Outre la pensée, nous jugeons les gens et les événements comme étant bons ou mauvais suivant la morale du troupeau. Nous succombons à ressentir moralement ce que le reste du troupeau ressent. La morale est une idée philosophique très discutable, la morale du troupeau limite notre potentiel à être des individus responsables, libres d’esprit.

3) Le point de vue est la clé
Le libre-penseur connaît le pouvoir du point de vue. Le point de vue change tout. Ce que nous ressentons ou pensons concernant quelque chose peut s’inverser simplement en changeant de point de vue. Même les opinions et les croyances peuvent changer quand on atteint un nouveau point de vue. L’adversité peut se transformer en une occasion pour apprendre ; un problème peut se transformer en solution ; un échec peut être considéré comme un tremplin pour réussir pour un autre.
Quand vous pensez librement vous savez qu’il y a toujours plusieurs points de vue sur une situation donnée. Vous devez juste voir les choses sous un autre angle. Nous sommes tous les fenêtres d’un bâtiment circulaire qui donne sur une cour intérieure. Le point de vue de ma fenêtre est différent de celui des autres. Par conséquent, si je veux avoir une meilleure idée de la cour je dois la regarder des autres fenêtres.

4) La connaissance est provisoire
Les structures conservatrices, autoritaires, religieuses, ou institutionnelles résistent au changement avec force parce que leur vision du monde repose sur le principe que leurs connaissances ou croyances sont absolues. Pourtant le libre penseur n’est sûr que d’une seule chose : que la connaissance est provisoire. Ce que nous pensons connaître aujourd’hui sera démystifié ou radicalement changé par ce que ne saurons demain. Les libres penseurs fuient les personnes ou organisations qui prétendent savoir quelque chose, ou pire, tout savoir. Ils sont pleinement conscients que nous ne savons rien sur le monde, la vie et l’Univers dans son ensemble, malgré les grandes avancées.

5) Éclater la bulle du temps
Les libres-penseurs, en particulier les visionnaires et les penseurs avant-gardistes ont éclaté la bulle du temps. Cela signifie qu’ils ont reconnu que nous voyons le monde à travers le récit de notre temps. Ce récit change au fil des décennies et des siècles et pourtant nous sommes en quelque sorte enfermés dans une bulle de temps qui nous limite à voir le monde uniquement dans le récit de notre propre temps. Les plus grands innovateurs, futuristes, visionnaires et penseurs ont vu au-delà de ce récit. Ils ont éclaté la bulle du temps et étaient en avance sur leur temps.

6) Défier les pressions institutionnelles
La société avait deux grandes forces en jeu. L’une est un contrôle descendant transmis hiérarchiquement à travers les institutions. L’autre est une force de changement, de nouveauté et d’innovation qui se construit de bas en haut par des individus et est lentement acceptée et adoptée par des structures sociales plus importantes. Une idée folle novatrice d’un libre-penseur en marge de la société peut être reprise par des influences et se propager de manière virale dans les médias jusqu’à ce qu’elle devienne une des normes de notre société. OK c’est une présentation un peu simpliste, mais c’est suffisant pour montrer les mécanismes de base des changements sociaux.
Les libres penseurs sont ces individus en marge de la société qui créent de nouvelles idées choquantes. Ils refusent de succomber aux pressions institutionnelles d’uniformisation et de contrôle. Les forces institutionnelles descendantes sont principalement là pour préserver leur statut-quo, la stabilité du système social et pour résister au changement et à la nouveauté. D’autre part, le pouvoir du libre-penseur réside dans le fait qu’il défie constamment ces pressions institutionnelles pour se conformer à des règles et des normes acceptées de la société.

7) La perception doit être modifiée, pas acceptée
Un autre outil puissant dans la boite à outils du libre-penseur est la perception, ou plutôt la flexion et le changement. Les philosophes débattent de la nature de la perception depuis des siècles. Il y a ceux qui soutiennent que la perception nous donne une vision fiable de la façon dont on voit notre réalité extérieure et d’autres font valoir que la perception est fortement influencée et fixée par nos croyances et connaissances. L’exemple classique est la perception des couleurs. La couleur est seulement une étiquette conventionnelle. Ce qui peut sembler seulement blanc pour vous, n’est qu’une des nombreuses teintes pour l’Eskimo Inuit qui vit pratiquement dans un monde blanc. Ils peuvent différencier un grand éventail de « blancs » et ils ont même des mots pour les décrire. La perception est différente donc leur réalité aussi.
Les libres-penseurs comprennent comment notre perception est fixée et limitée par notre vision consensuelle du monde. Pourtant, en réalité, la perception ne doit pas être fixée ; elle peut être modifiée et changée.
Pour être un libre-penseur, vous devez vous libérer du conditionnement social, institutionnel et culturel. Vous devez également vous libérer de votre esprit sceptique/ rationnel, à certains moments, et accepter que votre imagination et votre intuition vous guident. N’ayez pas peur de sortir des sentiers battus.

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