Goodbye Gandhi

Goodbye Gandhi,Mélanie Talcott,Prix du polar autoédité 2016

PRIX du POLAR AUTOEDITE 2016

Quatrième de couverture

Exit le Taj Mahal, le nirvana et autres foutaises pour touristes en mal d’imagination. C’est à une plongée plein pot dans la crudité de l’Inde à laquelle nous convie Mélanie Talcott. Sous couvert de l’enquête policière déclenchée par le meurtre d’une grande figure de l’humanitaire, l’auteur nous immerge dans une Inde moderne et moins attrayante que l’image classique que l’on en a : celle de la corruption ordinaire, de la violence, des meurtres, de la prostitution, de l’humanitaire travesti en tourisme sexuel. Un livre sans complaisance, mais d’une tendresse caustique et un excellent thriller.

….Vijay Ramalingam avait tellement vu de corps de suicidés, des femmes surtout qui se donnaient la mort en se pendant à un ventilateur, qu’il eut l’immédiate certitude qu’elle s’était pendue avec un foulard ou un linge quelconque, avant que l’évidence ne chasse la logique des apparences. Quelqu’un avait pris la peine non seulement de déposer son corps sur un linceul de fleurs, mais aussi de répandre autour quelques pièces de monnaie et du riz safrané. Quelqu’un qui avait assisté ou organisé ce suicide et qui connaissait les rudiments des rites funéraires indiens et s’était efforcé de respecter, du moins à sa manière, la défunte dont le visage exprimait étrangement plus la sérénité que la peur. Il soupira, se demanda pourquoi cela ne l’étonnait jamais que bien des personnes que l’on qualifiait avec une vénération non dénuée d’envie d’extraordinaires, finissent un jour ou l’autre par se retrouver dans une poubelle, sortit son mobile indien BSNL et appela son supérieur, Ravi Kumar.

Achevé en Mars 2015 et publié en Mai 2015
ISBN : 979-10-90624-07-8
Couverture : photo et conception de l’auteur Mélanie Talcott

 

Extraits

Des mouches de chaleur dansent devant ses yeux. Ils dorment en chien de fusil, encastrés les uns dans les autres sur des nattes. Jambes entrouvertes, bras jetés au-dessus de la tête ou mains sagement posées sur le sexe. Parfois leur corps est parcouru de tressaillements désordonnés. Elle se demande à quoi ils peuvent bien rêver et même s’ils rêvent encore à quelque chose tant tous ces millions de vies qui naissent et s’éteignent dans la promiscuité leur dénient une quelconque importance. Ils dorment tous sauf Mani, Leena et peut-être Murga, le genre d’adulte en herbe à ne dormir que d’un œil. Elle se rappelle sans savoir trop pourquoi, avoir recopié il y a longtemps, façon Ben, sur un tableau noir une citation de Romain Rolland. S’il est un lieu de la terre où aient place tous les rêves des vivants, depuis les premiers jours où l’homme commença les songes de l’existence – c’est l’Inde. Elle se voit encore y ajouter quelques années plus tard cette réflexion qu’elle avait lue ou entendue. L’Inde ? On y reste un mois, on écrit un bouquin. Un an, on n’écrit plus que quelques articles. Au-delà, on n’écrit plus rien. Elle y avait ajouté : on s’y noie.

 

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