Trop jeune pour avoir connu l’occupation soviétique, Qais Akbar Omar trempe sa mémoire dans la clameur qui en 1992, enflamma Kaboul lorsque les Moudjahidines y entrèrent au cri d’Allah Akbar. Bientôt, ce cri allait être étouffé dans le chaos et la sidération collective dans laquelle allaient sombrer les Kaboulis. Chaque faction – les Patchouns, maîtres du pays depuis 1747, dont le célèbre commandant Massoud qui ne fut pas en reste de cruauté gratuite, les Tadjik, les Ouzbèkes ou encore, les Hazaras, honnis de tous – mit la ville en coupe réglée. Chacune son territoire, ses seigneurs de la guerre fanatiques, ses bandes sanguinaires de pilleurs, de violeurs et d’assassins, toute prison ouverte, ses check points, ses tirs de roquette, ses snipers et sa barbarie. La faim, la mort gratuite, la vie qui ne vaut plus rien.
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