Où sont passées les Zemmourines ?

On peut ne pas partager les idées d’Eric Zemmour. Chacun est libre d’avoir l’opinion qu’il veut en fonction de sa culture, de son ignorance ou de ses convictions. Mais l’insulter, l’entauler dans des slogans fascistes et l’affubler de camisoles virtuelles psychiatriques, l’attaquer sur sa vie privée, son physique skinny, sec et nerveux… Bref, lui chercher des morpions dans la tête à n’importe quel prix, inclus celui du mépris haineux, voire de la menace assassine, montre à quel point les métastases de la déshumanisation ont cancérisé notre société de plus en plus puritanisée, pour ne pas dire putanisée.
On ne peut pas non plus crier au scandale parce que tous les médias se l’arrachent pour faire flamber l’audience. Pendant plus d’un an et même après son élection, Macron a fait la Une de tous les journaux et des plateaux de télé sans que personne, ou en tout cas très peu de personnalités politiques ou publiques de tout poil, s’en insurgent, pas plus que de son grand débat public où pendant des heures, ses monologues furent une prouesse de stand-up face à un parterre trié sur le volet et quasi muet ! Force est d’admettre que ses discours quelque peu tarabiscotés, regard fixe et sourire absent, sont une véritable épreuve de patience pour son auditoire. On s’y ennuie quand on ne s’y endort pas. Au moins, Eric Zemmour n’a rien d’une figure de cire de Madame Tussaut !
On ne peut pas non plus le vouer aux gémonies pour refuser de répondre aux sommations journalistiques de déclarer sa candidature, et par conséquent souligner que son absence de programme signe l’évidence de son incompétence politique, quand ses adversaires éventuels affirment ne pas être en mesure de le faire avant décembre 2021 ! A ce titre, l’on peut s’interroger sur le bien fondé de le faire figurer d’ores et déjà dans les sondages électoraux. Histoire d’influencer les opinions ?
On ne peut nier ni son érudition qui résonne comme une tare face à la pauvreté intellectuelle ambiante, ni son intelligence, ni sa mémoire phénoménale, ni l’agilité de son esprit qu’il a brillant, n’en déplaise à ceux qu’ils l’ont étroit, d’autant plus que, me semble-t-il, il n’est pas du genre à se défiler si débat respectueux il y a. Pas plus que l’on ne peut pas ne pas reconnaître son talent d’orateur qui fait de lui un véritable bretteur du Verbe, ce qui flanquerait, entend-on commenter sur les plateaux de télé, la pétoche à ses contradicteurs, malheureusement souvent d’une médiocrité dogmatique.
Mais là où Eric Zemmour révèle sa faiblesse langagière, c’est dans son manque de pugnacité face à des questions qui tournent en boucle dans la plupart des interviews. Faire sans cesse référence à l’histoire et émailler ses réponses de citations, finit par être contreproductif. Il tombe en cela dans la même ornière que les politiciens : une répétition lassante qui finira par engendrer la surdité du public. Trop prisonnier du classicisme littéraire pour oser le langage dépouillé de simagrées du peuple ? Pour affûter ses réparties, il devrait prendre exemple sur le mordant rigolard de Audiard – « On est gouvernés par des lascars qui fixent le prix de la betterave et qui ne sauraient pas faire pousser des radis. Le jour est proche où l’on n’aura plus que les impôts sur les os » , et mieux encore de Coluche – « on ne peut dire la vérité à la télé, il y a trop de monde qui la regarde » –, de Le Luron – « L’emmerdant c’est la rose » ou encore des vannes du Muppet Show. Pour parler au cœur des gens, il faut non seulement leur parler franc du collier, mais avoir en bouche la gouaille des conversations de bistrot. Celles qui après avoir tiré la chasse sur Victor Hugo, Voltaire et Shakespeare, osent tout, vont droit au but, sans chichis verbeux.
Lors du Grand rendez-vous Europe1- Cnews du 26 septembre dernier, faisant référence à comment il définit l’assimilation, Sonia Mabrouk, bonne pâte, lui demande : : « pour vous que suis-je ? »  Plutôt que de s’embarquer dans le distinguo entre islam, islamisme et musulman, il eut été plus simple de se tourner vers elle et lui faire remarquer en souriant :
« C’est simple, Sonia. Vous qui avez fait des études en Tunisie, puis à la Sorbonne, qui êtes Tunisienne, naturalisée française, et de confession musulmane, vous n’êtes pas voilée, vous êtes maquillée et je ne vois aucun mahram1 derrière vous, pour vous surveiller. J’ignore, parce que vous êtes pudique, si vous faites vos cinq prières par jour. Vous êtes en couple avec Guy Savoy qui incarne l’art de vivre à la française et tout ce que je ne sais pas… Voilà ce que représente pour moi l’assimilation telle que je la conçois. Cela n’empêche pas que vous puissiez aimer la Tunisie et la culture tunisienne, de parler l’arabe et de pratiquer votre religion. Si vous n’étiez pas une journaliste connue du public, personne ne saurait rien de votre vie. Donc, ma chère Sonia, je ne comprends pas qu’une femme comme vous, qui incarnez exactement l’assimilation telle que je la préconise, puissiez me reprocher mon propos et ne défendiez pas aussi cette idée. Vraiment je ne comprends pas, d’autant plus que moi, petit fils de berbère, je suis aussi l’exemple de cette assimilation. »
Il aurait pu dire la même chose à Ruth Elkrief, marocaine naturalisée française en 1976 et née dans une famille juive traditionnelle, qui lui a posé une question similaire.
Tout un chacun aurait compris sans qu’il soit besoin d’en dire plus.
Tous lui reprochent ses propos ambigus et très caricaturaux, sur les femmes. Soit. Quand je dis tous, c’est tous. Hommes et femmes, incluses certaines féministes férocement misogynes, et bien évidemment ses adversaires politiques, tous sexes et partis confondus. Invectives qui me font doucement marrer. Jaune.
Depuis le lamentable : « Un ministère de la condition féminine ? Pourquoi pas un secrétariat au tricot ? » de Charles de Gaulle, en 1967, en passant par Pasqua qui brillait par sa lourdeur graveleuse : « Toutes les femmes qui veulent avoir l’investiture doivent être baisables », sans oublier le fameux ! « mais qu’est-ce qu’elle me veut de plus cette ménagère ? Mes couilles sur un plateau ? » de Jacques Chirac à propos de Madame Tatcher, et la pathétique réflexion de Laurent Fabius : « Qui gardera les enfants ? », lorsqu’il apprit la déclaration de candidature de Ségolène Royal, ou l’injurieux raciste, sexiste, en un mot complètement con, de Roselyne Bachelot à propos de Rama Yade ; « Elle est femme et noire, elle va être promue. Heureusement qu’elle n’est pas lesbienne et handicapée, elle serait Premier ministre. », ou le credo féministe de Marine Le Pen lors de la campagne présidentielle de 2012 : « Le progrès, c’est de permettre aux femmes de rester à la maison. »…. – et si vous ne me croyez pas, visionnez les archives de l’Ina – c’est à gerber ! Ah et j’oubliais : le mépris macho que Mitterrand, bigame officieux et amant de quelques autres, a infligé, au prétexte qu’il était le chef, le mâle alpha de la nation, à son épouse et à ses proches.
Sans parler des n-ièmes plaintes féminines effacées des annales sexistes parlementaires – « entre mecs, on se sert les coudes ! On va pas se laisser emmerder par les gonzesses ! » – leurs insultes protéiformes à l’égard de leurs collègues féminines : paroles humiliantes, regards insistants, gestes déplacés, caquètements, bêlements, allusions sexuelles, etc. En furent victimes, entre autres et non des moindres, Simone Veil, menacée de mort et assimilée à une nazie à propos de l’IVG (9 femmes pour 481 hommes dans l’hémicycle !), Édith Cresson, premier ministre du gouvernement Mitterrand – surnommée La Pompadour, par ses pairs dont certains se demandaient « elle est bien roulée, tu crois qu’elle porte une culotte en-dessous ? », avant de lui lancer : « Édith, on t’espère meilleure au lit qu’au ministère ». Insultes qui volent bas hier comme aujourd’hui, « pot de fleurs, folle, poissonnière, salope, sale pute, petites connes, pouffiasse, conasse, Greta ménopausée, etc. » ça dure, toujours. Encore. Le foutre n’a jamais cessé, hier comme aujourd’hui, de maculer les couloirs de l’Assemblée et les clandés du pouvoir.
On aimerait entendre un Zemmour moins coincé rétorquer à ces hypocrites censeurs puritains qui se prennent pour les chevaliers blancs de la gente féminine :
« J’espère que vous vous foutez de ma gueule ! Vous me les brisez menu avec votre morale de merde ! Quand vous vous dégorgez les poires, entre une réunion de travail et un dîner d’affaires, ne me dites pas que vous respectez les femmes. Votre escort-girl, votre passe… Elle a quel âge ? Quinze, dix-huit, vingt ? Où est votre respect des femmes, de vos mères, de vos compagnes, de vos filles, de vos sœurs ? Et toutes ces célébrités à qui vous déroulez le tapis rouge, comme Sean Penn et Sean Connery, qui battaient leur compagne ? Et tous ces DSK de Sofitel et autres Baupin La main verte  ? »
Aborder crûment les choses est le meilleur moyen de clouer le bec à la plupart. Qui prendrait le risque d’une telle question frontale ? Personne n’aime être attaqué sur ses mœurs en-dessous de la ceinture….

J’en étais là de mon article. Avec l’impression d’enfoncer des portes ouvertes. Comme l’on dit dans le jargon journalistique, mon angle d’attaque ne me convainquait pas. Trop lisse. Je pris mon mobile et je l’appelais.
– Bonjour. C’est Mélanie. J’ai besoin de te parler. Dans une heure, chez moi.
Cela faisait plus de quinze ans que nous étions amis. Nous nous étions rencontrés aux obsèques d’un ami commun, Monsieur Hachana, ardent défenseur de la culture amazigh. Ses yeux de Berbère, son visage anguleux qui me rappelait celui de mon grand-père et l’amour de la littérature avaient fait le reste. Absorbés par notre vie et notre job, nous correspondions régulièrement par lettre, et une fois par trimestre, sur sa demande ou la mienne, règle à laquelle nous nous étions engagés l’un comme l’autre à ne jamais déroger, nous nous réunissions autour d’un bon vin. Je sortis un Ribera Del Duero de chez Pingus 2005 et deux verres que je posais sur une table Thonet en bois courbé et laiton et m’assis sur une chaise du même nom. Dans sa dernière lettre, figurait en exergue cette phrase de Tocqueville : « l’Histoire est une galerie où il y a peu d’originaux et beaucoup de copies. » Justement, je craignais fort qu’il en devint une.
Un flot de lumière. Il entra. Avec son éternelle dégaine d’oiseau tombé du nid, silhouette élégante certes, mais empreinte d’effacement, comme s’il ne savait quoi faire de son corps.
– Qui veut aller loin, ménage sa monture, lui dis-je en l’embrassant amicalement. Tu as l’air crevé, Chouchou. Assieds-toi, prends un verre de ce bon vin. Ça va te remonter.
– Oui, effectivement, j’en ai bien besoin, dit-il en se laissant tomber sur sa chaise.
Il étira les jambes, bascula en avant, se saisit du verre qu’il passa sous son nez d’un geste circulaire, faisant osciller la surface du liquide, avant de boire une gorgée de vin qu’il apprécia par un discret claquement de langue.
– Fichtrement bon ! commenta-t-il. Pourquoi désirais-tu me voir ? Je note sur ton visage ton air des mauvais jours, entre colère et exaspération. Qu’est-ce qui te préoccupe à ce point, Mélanie ?
– Toi, Chouchou. Toi ! Je t’aime bien. On est tous d’accord, du moins ceux qui te connaissent, tu es un mec sincère et loyal. Tes convictions sont solidement ancrées et n’ont rien à voir avec les opinions à voile et à vapeur de celles et ceux qui se sont lancés dans cette course à l’échalote élections 2022, tels des mômes sur un manège qui essaient de décrocher le pompon. J’en apprécie énormément la cohérence, même si je n’adhère pas à toutes tes idées.
Je le fixai d’un air dubitatif et ironique.
– Avant d’entrer dans le vif de mon propos, Chouchou, un préalable. Tu vas y aller ou tu ne vas pas y aller ? Ton jeu de yoyo à oui-mais non devient un numéro d’équilibriste et tu risques fort de t’y casser la gueule. Tu veux ou tu veux pas ? ajoutai-je en fredonnant sur l’air des lampions.
Les bras légèrement écartés sur la table signe qu’il allait monter en prêche, sourire effacé, il me jeta d’un ton cassant :
– Arrête de te foutre de ma gueule ou je m’en vais.
– Qu’est-ce que t’es susceptible ! Y aller, c’est d’abord 500 signatures. Tu le sais. Et des compromis. Des appuis qui parfois ne sont ni recommandés, ni recommandables dans ce vivier de la politique combinarde. Tu te doutes bien que tu vas être raboté jusqu’à la couenne. J’espère que tu l’as bien en tête parce que, là, mon pauvre, tu mets les pieds dans un sacré bourbier ! T’as pas intérêt à glisser, sinon on va t’enfoncer vite fait. Avant même que tu aies confirmé si tu y allais ou non, les insultes pleuvent déjà comme à gravelotte. Du virus à la peste brune, il y aura bien quelqu’un ou quelqu’une
qui finira par franchir la ligne rouge en te traitant de sale youpin ! Tu vas devoir faire gaffe devant et derrière, regarder à gauche, à droite, avoir une tête qui fait 360 degrés et il va falloir que tu l’apprennes vite fait. Parce que la politique, c’est ça. Tes amis, mon frère ? « Por interes, te quiero Andrés » comme on dit en espagnol. Sans compter tous les infiltrés et les courtisans pour te cirer les pompes. Viendra un moment où tu ne sauras plus ni où tu es, ni qui tu es, ni sur qui tu peux compter. Viendra un moment où t’appelleras ta mère ! Tu vas tomber dans la parano, l’angoisse, le stress et la solitude du pouvoir. Franchement, je te préfère dans ton rôle d’éminence grise, de polémiste thérapeutique. Là, t’es vraiment utile. Soyons sérieux, Chouchou ! Toi-même tu dis que l’Europe çi, l’Europe ça, que les juges çi, les juges ça… C’est quoi ta marge de manœuvre ? Qu’est-ce que tu vas finir par leur céder de ce que tu nous vends ? Un mot encore : sur le financement de ta campagne. Le pognon ne rase jamais gratis ! Quid de l’ancien banquier d’affaire chez Rothschild, Julien Madar, pour ne citer que l’un de tes soutiens financiers ? Et ton comptable ; un ex ce chez Macron…. Le monde est vraiment petit, ne trouves-tu pas ? Il est vrai que tous les râteliers se ressemblent ! Et quelles contreparties en retour? J’ose espérer que la flotte ne diluera pas trop ton vin sincère.
– Ben dis donc, tu n’y vas pas de main morte, Mélanie ! C’est tout toi !
– Tu le sais, Chouchou : je n’ai jamais voté. De toute façon, tout un chacun a pu le constater, aujourd’hui voter ne sert plus à rien, même si beaucoup s’entêtent encore à glisser un bulletin dans l’urne. Au moins, ils se font gruger et presser comme des citrons avec leur consentement. Ils en ont tellement pris l’habitude qu’ils ne s’en indignent même plus. Refuser de voter ne signifie pas pour autant que je n’ai pas de conscience politique. Bien au contraire ! Elle s’est forgée sur le terreau de l’observation, de l’analyse et de l’expérience. Mais donner ma voix à un présidentiable, et on peut tous les cloner, qui une fois élu, flanquera fissa toutes ses promesses dans la corbeille de ses intérêts carriéristes et de son hubris, ce serait me trahir. Tu as employé le terme de chochotte pour qualifier tes concurrents. Et le peuple, Chouchou ? Ce n’est pas une chochotte ? Sa température anale de révolte est en stand by, en-dessous de zéro depuis des années et son trouillomètre, en chute libre. Cela dit, je ne te raconte pas le bazar si tu fais alliance avec un quelconque parti ! Pour l’instant, toutes les droites, même Macron, misent sur toi pour le tiercé gagnant. Tu fais bander d’envie tes adversaires. Mais donne-leur le petit doigt et t’es mort ! Le seul parti que tu devrais avoir est celui de tes électrices. Mais bon ! Comme tu l’as dit toi-même au sujet de Macron : « Il n’a pas à engager un dialogue avec un quidam. », au risque de déroger à la sacralité de la fonction. Tchin, Chouchou !
Un grand silence. Même pas le bruit de nos verres. Je me penchai vers lui, ma bouche contre son oreille et lui murmurai :
– Je te conseille de fermer ta braguette. T’as pas intérêt à la laisser ouverte. Fais gaffe, Chouchou, si tu mets le pied dans l’étrier, tu risques d’être sorti au forceps.
Une fugitive contrariété lui plissa le front. Il planta son regard dans le mien. Glacial.
– Je n’ai pas encore pris ma décision Tu as autre chose à me dire ? Tu commences à m’agacer, Mélanie. Quelqu’un d’autre que toi me chercherait ainsi des poux dans la tête, je me serai déjà barré.
– Chut Chouchou ! Inutile de monter sur tes grands chevaux. Il n’y a que nous deux, ici. Libre à toi, en sortant d’ici, de balancer à la poubelle ce que je te dis. Tiens d’ailleurs, resserre-nous un verre de Pingus, parce que la suite va te faire mal au ventre. Juste une question annexe avant d’entrer dans le vif de mon sujet. J’aimerais savoir, et je ne suis certainement pas la seule, ce que tu comptes faire avec le Guantánamo sanitaire et ses matons, le conseil de défense, les médecins mainstream, les lobbies du médoc et tout le toutim, dans lequel ils nous confinent grave depuis plus d’un an, sous la badine complice de Macron ? Tu as remarqué ? Pas un des candidats, quelle que soit son obédience, ne se risque à soulever ce lièvre. Motus et bouche cousue. As-tu l’intention, toi aussi, de nous transformer en passoire génique et de faire l’impasse sur les effets secondaires des vaccins ? Et question annexe : comptes-tu faire revenir les fortunes des évadés fiscaux qu’ils soient planqués ou non dans les paradis du même nom ?
Il resta un long moment, les yeux perdus dans le vague.
– Je dois reconnaître que tes arguments tiennent la route. Comme d’habitude. Je te promets d’y réfléchir. Tu as piqué ma curiosité. Continue, je suis tout ouïe.
– Simple ! J’en ai plein les bottes de tes interminables homélies sur l’immigration. Tu te fous du monde !
Il se redressa comme un coq en colère. Je poursuivis, imperturbable.
– Tu as raison. Ton analyse est juste. Et oui, je suis d’accord avec toi. La France fout le camp. J’irais même plus loin, l’humain fout le camp. Les neurones et le cœur QRcodisés. Il n’y a pas que les ours qui sont en voie d’extinction ! Que tu abordes l’immigration et ses conséquences lorsqu’elle prend le chemin de l’islamisme radical, est justifié. D’autres, comme Jean-Pierre Obin, Gilles Kepel, Emmanuel Brenner et plus récemment Didier Lemaire2, ont tenté et tentent de nous mettre en garde. Et les politiciens de faire chorus dans un silence assourdissant. Aujourd’hui, ils ont tous leurs esgourdes sur orbite. La tienne. A tel point que, et c’en est pathétique, tes concurrents et partisans en idéologie, qui n’en mouffetaient pas une depuis des lustres, enfourchent tous à hue et à dia le même cheval de bataille. Mais là où je te trouve aussi faux cul que tous les autres candidats, c’est d’en faire ton fonds de commerce électoral. 80% sur l’immigration ! Tu déconnes vraiment. Et le reste ?
– Mais enfin, Mélanie, c’est important. L’avenir de la France est en jeu, tout de même.
– Oui, c’est important, mais tu devrais ramener ce problème à sa juste proportion. Le plus important, ce n’est pas ça du tout !
– Je ne vois pas trop… alors.
– T’es bien un mec ! T’es marié à la France, mais tu zappes ses femmes et ses filles. Les femmes, Chouchou. Les femmes !
Il me fixa avec des yeux ronds. Il n’y était pas du tout.
– Un petit peu de mathématique, Chouchou. Toi qui aime tant les chiffres référentiels, tu vas tout de suite comprendre. Selon l’Insee3, on comptait en France en 2020, 6,8 millions d’immigrés, soit 10% de la population. La moitié est originaire d’Afrique et un tiers a acquis la nationalité française. Combien d’étrangers ? Selon toujours l’Insee, 5 millions, soit 8% de la population. 4,3 millions d’entre eux n’ont pas la nationalité française et le 0,8 million restant, né en France, est de nationalité étrangère. Combien rapportent à la France ces émigrés et étrangers ? Entre ce qu’ils coûtent et ce qu’ils rapportent, même la Cour des comptes en perd son latin. Mais on en a besoin. N’oublie pas, on en a besoin, Eric, pour vider nos poubelles et nettoyer nos refus.
Je m’arrêtais un instant, allumais une cigarette, tandis qu’il ouvrait une seconde bouteille de Pingus.
– Et combien de femmes sur les soixante six millions d’âmes ? Quasi trente cinq, Eric. Trente cinq ! Contre un peu plus de trente deux pour les hommes. Tu aimes les femmes Chouchou?
– Oui, bien sûr. Quelle question !
– Ne te cristallise pas dans tes certitudes et surtout, ne mens pas. Car vois-tu, tu ne les aimes pas au point de les défendre avant les immigrés. Donc, tu es un menteur comme tous les autres, sauf que toi, ton silence est enveloppé dans un piment rouge, celui de l’immigration. Personne n’y fait gaffe, mais au cœur de ce piment il y a une lutte que tu n’es pas capable, toi pas plus que tes adversaires, hommes et femmes de pouvoir, de mener. Celle pour les femmes, de plus en plus malmenées et rétrogradées en France comme ailleurs. Voilées dans et par l’indifférence politicienne. Encore des chiffres, Chouchou. En 2020, « 106 crimes ont été perpétrés. Pour 90 d’entre eux, les victimes sont des femmes;», dixit Dupont Moretti4, qui contredit d’ailleurs l’étude publiée par le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure5 qui annonce, pour la même année, 863 homicides, dont un tiers des victimes femmes. Moins abstrait qu’un pourcentage, 220 000 femmes, de dix-huit à soixante quinze ans, ont subi des violences conjugales. Il y a des lois, certes. Mais à peine 18% d’entre elles ont porté plainte6. En attendant, la femme a peur, elle est bafouée dans ses droits et sa liberté, menacée, battue, violée, voire assassinée. Mais tout le monde s’en fout. Sais-tu en comparaison, combien de victimes a fait le terrorisme ?
– Je crois, oui.
– Tu crois ? Ça m’étonnerait ! Moi-même j’en suis tombée sur le cul : il a tué vingt et une personnes dont sept en France et blessés cinquante quatre autres, en 2020, dans toute l’Union Européenne7, contre 102 féminicides sur ta belle terre de France. Tu veux que je te dise ? Si lutter contre le racisme est légitime, la femme, elle, est en but à un sous racisme permanent et souterrain, tellement profond qu’il est intégré à la société. Il est accepté, banalisé, légitimé. Pire encore on peut même qualifier cet état de fait de non assimilation de la femme dans la société française. Compréhensible au dix-neuvième siècle, inadmissible au vingt-et-unième dans la France relookée que vous nous promettez-tous. Toi comme les autres. Or, les premières à pâtir des conséquences d’une immigration mal contrôlée sont les femmes. Les femmes afghanes, les Iraniennes, et toutes les niqabées malgré elles, t’y penses des fois ? Et tu en penses quoi ? La femme, un sujet essentiel que nos politicards en tournante se gardent bien d’aborder. Elle vaut moins qu’un immigré. Elle est comme ces peuples indigènes, comme on les appelait alors, à qui on jetait des bananes lors des expositions universelles : transparente. C’est la putain de réalité, Chouchou. Vous parlez tous des immigrés et surenchissez au référendum, pour ne pas parler des femmes. Parce que si on en parlait, il y aurait des polémiques et procès tous les jours. Regarde ! Le fléau des violences faites aux femmes est le plus répandu au monde. Mais pas que ça… Demain une femme, une jeune fille envoie vertement paître un immigré ou simplement, lui dis : « fous-moi la paix ! », non pas parce qu’il est maghrébin, noir ou afghan. Non, simplement parce que ses insinuations la gavent et elle a des problèmes. On la traitera illico de mal baisée, de gouine, de salope, de raciste et que sais-je encore. L’affaire Mila a commencé ainsi. Et tout le monde ou presque l’a laissée choir. « M. Macron, qu’avez-vous fait pour Mila ? » demandait Étienne Gernelle, le patron de la rédaction du Point, en octobre 2020. A vrai dire, pas grand chose. A l’inverse, les médias et les réseaux sociaux montant le moindre incident en polémique, on peut aussi la poursuivre en justice pour injure raciale. Conclusion Chouchou ?
Son silence me répondit.
– Tu remets à sa place un immigré parce qu’il t’emmerde et là c’est le procès. Mais qu’un député, un sénateur t’insulte à l’Assemblée Nationale ou te mette la main au cul, et là, aucun problème ! Au cas où tu deviennes notre futur président, j’ose espérer que tu vireras le premier parlementaire qui s’y risquera. Qu’il deviendra non seulement inéligible à vie, avec une amende salée à la clef, mais aussi qu’il perdra tous ses privilèges. Que tu le laisses traverser la rue en caleçon et méditer sur sa misogynie ! Les autres suivront, non parce qu’ils auront compris, mais parce qu’ils auront la trouille de tout perdre.
– T’y vas un peu fort, non ?
– Ah oui ? Tu as une fille de seize ans, Clarisse. Comment réagirais-tu si elle se faisait coincer dans un couloir de l’Élysée par un vieux barbon à la main baladeuse ou qu’elle se fasse violer par un plus jeune, qu’il soit français ou immigré ? Tu ferais l’autruche politique ou tu réagirais en tant que père et en tant qu’homme ? Ma petite fille s’est fait agressée sexuellement par un ado de quatorze ans quand elle en avait neuf. Le gars court toujours, mais elle, elle n’arrive pas à oublier sa main sur ses seins et entre ses jambes. Alors merde ! La plupart des hommes sont des mecs à pute. C’est un secret de polichinelle. Leurs clients ? Nos grands-pères, nos pères, nos maris, nos frères et même nos fils. Là, le ruissellement social, ça fonctionne du feu de Dieu, quelles que soient la race et la religion ! Trente euros la fellation, cinquante l’amour et tendance glamour actuelle : reproduire les scènes de sexe les plus trashs qu’ils ont vu dans des films pornos. Donc, le respect de la femme, excuse moi ! Excuse moi, Eric… Les hommes mentent parce qu’il n’ont pas la femme dans leur cœur. Ils la veulent en bouche. Le droit de cuissage, le viol comme arme de guerre, les coups, les insultes, les incestes intrafamiliaux, la prostitution pour tirer au clair vos fantasmes. Vous ne manquez jamais d’imagination ! Et toi Chouchou, tu ricanes en disant qu’on œuvre à la disparition du mâle dominant ? Je vais te dire un truc, bonhomme. Les hommes, et plus encore nos contemporains, n’ont pas besoin d’une influence féminine, quelle qu’elle soit, pour être des chiffes molles, de chochottes comme tu dis.
Son regard s’était fait plus sombre. Une expression plus grave avait quelque peu effacé son air habituellement débonnaire dont il usait et abusait pour faire avaler à ses interlocuteurs ses saillies verbales. Je continuai.
– Et pourtant, les femmes sont le sang de ce pays. De tous les pays et continents. Enfin Chouchou, ce n’est pas un immigré qui t’as mis au monde. Ce n’est pas un immigré qui va s’occuper de toi quand tu seras nonagénaire. Ce n’est pas un immigré qui vous torche le cul de bébé à vieillard, vous nourrit, vous soigne et vous veille quand vous êtes malade. Ce n’est pas un immigré qui vous borde, vous câline, vous console de vos chagrins d’amour. Ce n’est pas un immigré qui vous aide à faire vos devoirs, va aux réunions de parents ou vous accompagne chez le dentiste. Ce n’est pas un immigré qui vous achète des vêtements et fête votre anniversaire. Ce n’est pas un immigré qui vous remonte le moral quand vous l’avez dans les chaussettes, qui vous cuisine des bons petits plats et s’endort avec vous sous la couette. Ce sont les femmes, Chouchou ! Et en plus, elles bossent, occupant souvent des postes que vous jugez peu valorisants pour un homme, remplissent la paperasserie familiale, assurent la pérennité de la famille et l’éducation des enfants. Elles vous embrassent quand vous partez en guerre. Quand vous en revenez, aussi. Elles pleurent quand vous y laissez votre peau et leurs cœurs. Elles se sont abîmées les mains et le dos aux champs et dans les usines d’armement, elles ont été des résistantes et ont subi comme vous la torture… Je te laisse compléter la liste. C’est aussi de l’Histoire, mon cher Eric ! Pourtant, le cliché de la « femme à la cuisine » n’est jamais très loin dans vos têtes. Tu sais quoi ? En guise de légion d’honneur… perdue, on devrait nous décorer d’une petite pelle et de sa balayette en or massif !
L’idée m’amusa et j’en pouffai de rire toute seule. Une lueur d’amusement éclaira son regard.
– Ben quoi, comme aurait dit Coluche : « en voilà une idée qu’elle est bonne ! » Tu ne peux pas nier, mon cher Eric, qu’à l’instar de notre ancêtre le chasseur de bison, ou le soldat de toutes les guerres, encore aujourd’hui pour la grande majorité des hommes, quand ils rentrent chez eux après une journée de boulot, il leur semble aller de soi d’allumer la télé en attendant de se mettre les pieds sous la table. Sémantiquement, philosophiquement, pourquoi ne parles-tu pas de ça ? Les femmes ont toujours le temps du temps. Pour tout. L’homme, rarement. Sagesse féminine ? Et toi,, ces merveilleuses militantes de l’anonymat, tu ne les défends pas. Et je te demande pourquoi. Pourquoi ne défends-tu pas les femmes ? Décidément, mâles alpha ou pas, vous avez le respect bien tiède !
Il se renversa en arrière, fit tinter son verre, quelque peu sur la défensive, avant de le lever pour boire une nouvelle gorgée.
– Je comprends mieux pourquoi tout à l’heure, tu m’as dit : « Le seul parti que tu devrais avoir est celui de tes électrices ! » Ben dis donc, je ne te savais pas….
– Quoi ? Que je suis féministe ? C’est ça que tu allais dire ? J’en ai rien à battre du féminisme vingt et unième siècle et ne crois surtout pas que je te critique parce que tu es un mec ! Simplement, j’en ai marre que votre misogynie pandémique maintienne la femme toujours et encore dans un rapport d’infériorité, « sans que cela vous en fasse bouger une », pour parodier Chirac. Qu’à compétences égales, le salaire ne le soit pas. Qu’après avoir travaillé toute sa vie, mis au monde des enfants et s’être occupée de sa famille et de ses vieux parents, sans jamais prendre du temps pour elle, la retraite des femmes soit inférieure de 40% de celle des hommes. Et je ne te parle pas, de celles qui connaissent des ruptures de carrière à la suite d’une ou plusieurs maternités. Tu le sais, tu la connais, Chouchou. Ma grand-mère était ouvrière. Quatre vingt-cinq piges. Elle a tout donné pour ses quatre gosses, sa santé, son temps, sa vie à elle. Plus de soixante ans de taf et une retraite d’à peine cinq cent euros par mois. Tu trouves ça normal, toi ? Alors oui, ras-le-bol que les postes à responsabilité soient de préférence octroyés aux hommes, même s’ils sont incompétents, bien que les femmes soient souvent majoritaires dans les institutions publiques et privées, comme elles le sont dans les entreprises. La parité ? On la cherche, mais on la trouve rarement. D’ailleurs, il me semble plus judicieux d’employer le terme d’équité plutôt que celui d’égalité, si malmené par la théorie du genre.
Alors la lutte pour ou contre l’immigration, aussi cruciale soit-elle, ne me semble pas devoir avoir la primauté dans un programme électoral qui prétend rendre sa dignité à la France. L’immigration ou le nouveau tiers monde politicard… Laisse-moi sourire ! Pour les uns, le leitmotiv de l’humanisme et de l’aide au développement qui va avec, pour les autres une menace pour l’intégrité de notre pays. Tu as entendu Macron ? Il nous invite à assumer notre part d’africanité pour nous assurer un avenir chantant ! Une pirouette oratoire pour ne pas nommer les pays du Maghreb, car bizarrement les presque sept millions qu’il cite, correspondent aux chiffres de l’immigration. Franchement, quelle africanité ? Quid des soixante millions restants ? Du blabla électoraliste pour masquer le laisser dire-laisser faire de son quinquennat comme celui des gouvernements droite-gauche qui l’ont précédé. De toute manière, on a tellement laissé faire que l’on est arrivé au bord du gouffre.
Je lui décochais un grand sourire.
– Sais-tu que les femmes représentent 52% de l’électorat8 et qu’elles sont fidèles à leurs idées et à leur candidat ? Nous sommes des Françaises, Chouchou, pénalisées d’emblée pour être nées femme. Nous incarnons quotidiennement sans tambour ni trompette ces valeurs républicaines dont la formule dévoyée me sort par les yeux, et pourtant nous n’avons ni les mêmes droits, ni les mêmes opportunités que les hommes, loin s’en faut ! Rien à voir avec ces quotas aussi insultants que discriminants. Tu as une loyauté à vingt cinq vitesses, mon cher Eric. Type dérailleur. Oh rassure-toi! Tu n’es pas le seul, tu en es juste l’archétype circonstanciel. Tous les politiques, les femmes comme les hommes, nous gomment de leur programme. C’est parle à mon cul, ma tête est malade. La démocratie se barre grave en sucette sous le joug de cette épuration silenciée, mais bien genrée ! Tu es devant moi, je t’en parle à toi. Mais j’aurais mille bonshommes en face de moi, je dirais la même chose. Et j’aurais mille bonnes femmes devant moi, je ferais de même. Je vais te dire un truc. J’aimerais que tu fasses un Jihad pour les femmes. J’aimerais que tu nous défendes, bordel ! Crois-moi, tu grimperais illico dans les sondages et peut-être, serais-tu élu président, ce que je le répète, ne te souhaite pas. Pour rien au monde.
Pour une fois, mon talentueux orateur n’en pipait pas une. A cours d’arguments devant l’évidence ? Tête légèrement baissée, les mains sur les tempes comme pour oblitérer mes paroles. Un très long silence. Il se redressa enfin. Son regard croisa le mien. Il hésita quelques instants, avant de me demander avec un demi-sourire en coin :
– Pourquoi mille bonnes femmes, Mélanie ?
– J’aimerais qu’une Zemmourine, que des millions de Zemmourine, se lèvent et scandent : « Les immmigrés, le pouvoir d’achat, la sécurité, l’environnement, oui c’est important. Mais pas prioritaire. La priorité ? Les femmes de ce pays. Ce sont elles qui forgent la stabilité et l’avenir de nos sociétés. » Si on avait une Zemmourine passionaria, si vraiment on avait des pères, des frères, des maris, des compagnons fidèles et que, dans leurs yeux, on lisait que nous sommes leur diamant, tu ne pourrais pas dégoiser ainsi sur les immigrés. Si, tu le pourrais, mais à 10%. Pas plus. Et les 90%, tu parlerais de toutes ces femmes à qui vous devez tant. Malheureusement, dans vos jeux électoraux à qui pissera le plus loin, je te l’accorde, il n’y a aucune Zemmourine. Et ce ne sont pas les deux candidates qui peuvent en faire l’affiche. Et les autres Zemmourines, me diras-tu ? Il n’y en a pas. Nulle part. Parce que la grande majorité des femmes est dans le champ de l’acceptation et de la résignation. Les Zemmourines d’aujourd’hui ne sont pas de ces suffragettes courageuses qui pratiquaient les arts martiaux et n’avaient pas peur d’en découdre physiquement pour leurs convictions.  Elles doivent en pleurer de rage et se retourner dans leurs tombes ! Chaque jour, les Zemmourines potentielles reculent, chaque jour niées un peu plus, à tel point qu’elles s’avortent elles-mêmes, se satisfaisant des miettes de liberté qu’on leur octroie, à condition qu’elles se tiennent à carreaux. Sans jupe provocatrice. Sans crop top. Inodores, incolores et sans saveur. « Tout ce qui vous renvoie à une identité, une volonté de choquer ou d’exister n’a pas sa place à l’école. » dixit Macron. Le niqab de la morale bien pensante. Alors, faute de mieux, elles enterrent leur utérus. Elles enterrent tout. Et elles te laissent faire, Chouchou. Elles vous laissent faire.
Un long moment de silence songeur et éloquent. La nuit était tombée. Nos verres étaient vides. Il se leva, étreignit longuement mes mains entre les siennes, puis se dirigea sans mot dire vers la porte qu’il ouvrit, tel un automate. Il en franchit le seuil, fit volte face et me lança d’un ton paisible :
– C’est exact, Mélanie. Je suis tristement le couillon que tu décris. Tu as raison sur beaucoup de points quant aux femmes. Mais il y a une chose que tu oublies. S’il est de mon devoir d’homme de lutter contre mes imperfections et d’agir avec équité avec les femmes, et éventuellement de la mettre en pratique économiquement et socialement si j’étais élu, il ne m’incombe pas de prendre en main leur destin individuel. A aucun homme d’ailleurs. Au contraire des immigrés qui eux, pour reprendre tes mots, viennent et se mettent les pieds sous la table, tout frais payés ou presque, sans jamais avoir fait quoique ce soit pour la France et encore moins pour améliorer la vie de leur peuple dans leurs pays, les femmes, ici, ont la possibilité de le faire et de mener à bien leur propre révolution. Or, elles ne le font pas. Tu l’as dit toi-même, il n’y a pas de Zemmourines ou si peu. Comme l’a acté William Jennings Bryan9, avocat démocrate et populiste qui en 1896, brigua, à 36 ans la présidence des États-Unis, soulevant un vent de panique parmi les élites politiques, intellectuelles et économiques qui se mobilisèrent presque unanimement contre celui qu’ils qualifiaient d’extrémiste de droite, aidées en cela par les médias de l’époque : « le destin n’est pas une question de chance, c’est une question de choix. Il n’est pas quelque chose que l’on doit attendre, mais que l’on doit accomplir. »

 

© L’Ombre du Regard Ed., Mélanie Talcott – 10/10/2021.
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Notes
1. – Mahram : Tout homme qu’il lui est absolument interdit d’épouser, à cause d’un lien de sang ou d’une alliance ou d’un allaitement.
2. – Jean-Pierre Obin : auteur d’un rapport en 2004 sur les signes d’appartenance religieuse à l’école et d’un livre : Comment on a laissé l’islamisme pénétrer l’école (Hermann); Gilles Kepel, Le jihadisme français: Quartiers, Syrie, prisons (avec Hugo Micheron – Gallimard, 2020 ; Emmanuel Brenner, Les Territoires perdus de la République, poche ; Didier Lemaire, Lettre d’un hussard de la République, 2021.
3. -https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/02/02/90-feminicides-ont-ete-commis-en-2020-contre-146-en-2019-annonce-le-ministere-de-la-justice_6068512_3224.html
4. – https://www.vie-publique.fr/en-bref/280594-victimes-de-violences-conjugales-bilan-de-lordonnance-de-protection
5. – https://www.francetvinfo.fr/societe/violences-faites-aux-femmes/video-la-realite-des-violences-conjugales-en-chiffres_4746437.html
https://www.interieur.gouv.fr/content/download/123832/992381/file/etude-nationale-sur-les-morts-violentes-au-sein-du-couple-2019.pdf
https://www.unwomen.org/fr/what-we-do/ending-violence-against-women/facts-and-figures
6. – Le nombre total de décès et de blessés dans l’UE est passé de 10 morts et 27 blessés en 2019 à 21 morts et 54 blessés en 2020. https://www.europarl.europa.eu/news/fr/headlines/society/20210628STO07262/terrorisme-dans-l-ue-attaques-victimes-et-arrestations-en-2020
7; – https://www.vie-publique.fr/sites/default/files/rapport/pdf/279727.pdf
8. – Au 14 avril 2019, les femmes représentent 52,3% des électrices inscrites sur les listes électorales. Source : Insee, Répertoire électoral unique, données au 14 avril 2019.
9. – https://lvsl.fr/le-populisme-sauvera-t-il-les-etats-unis/
https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Jennings_Bryan

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