Le tourisme mémoriel a le mauvais génie de réveiller en nous un certain collaborationnisme de confort. Chris Simon nous rappelle, avec une ingénuité calculée, que nous sommes toujours ou acteurs ou spectateurs de la barbarie et que le fait de vivre en paix depuis plus d’un demi-siècle ne signe pas notre immunité. O
Malgré les souffrances engendrées par l’esclavage, la colonisation, les guerres de conquête au nom des intérêts occidentaux, celles – nombreuses – interethniques, le génocide planifié des Tutsis par le pouvoir extrémiste Hutu, et toutes celles qui la déchirent encore, malgré la mort, l’exil et les errances, le cœur de l’Afrique bat toujours. Voguant entre sacré et profane, le tambour en rythme les battements et est la voix de l’âme africaine, d’essence féminine. Le tambour est également un esprit qui possède une énergie et une volonté propres, voire même une envie souveraine de pouvoir. Outil indispensable pour ouvrir les portes de l’invisible ainsi que pour permettre le voyage dans l’inconscient, il est – nous dit la romancière franco-rwandaise, Scholastique Mukasonga – « le cœur battant de leur Mère Afrique ».
La démarche de Serge Bilé est noble, courageuse en ce sens qu’elle réhabilite la « Négritude » dans ce qu’elle eut de douloureusement nié. Il nous rappelle également que l’horreur couve toujours sous les cendres et que malheureusement, elle n’a jamais été ni n’est l’exclusivité de l’hégémonie occidentale. Preuve en est l’actualité.
Demain, ici, en France, si les circonstances s’y prêtaient, une guerre civile, l’extrême-droite laïque ou catholique intégriste au pouvoir, ou même l’extrême gauche qui n’est pas en reste de camps et de goulags, on aura droit à notre Charia versus démocratique, avec ses pogroms contre toutes celles et tous ceux qui ne seront pas dans le nouveau paradigme. Là-bas, ils le font en toute impunité parce que c’est la loi. Ici, ils le feront peut-être parce que, pendant un laps de temps, la déstructuration de la société actuelle, le leur permettra.
Le réel n’a pas eu lieu Pour un esprit curieux, attentif aux courants de pensée qui agitent notre soi-disant modernité, on ne peut plus faire abstraction de ce que nous en expliquent nos intellectuels en charentaises, tant ils envahissent la sphère publique. Leur vocation, n’est-elle pas selon Michel Onfray, de nous mâcher le travail et…