Photo d’ouverture : Théophile et Judith Gautier Au cimetière de Saint-Énogat, il est une tombe portant une date, 1917, un nom, Judith Gautier et une épitaphe en chinois, La lumière arrive, hommage qui fut, dit-on, rédigé par l’empereur d’Annam. Je me rappelais une autre femme, qui avait croisé sur cette même plage bretonne, George Soulié…
» Mais qu’un député, ou un sénateur, ou un président de République, ou n’importe lequel parmi tous les étranges farceurs qui réclament une fonction élective, quelle qu’elle soit, trouve un électeur, c’est-à-dire l’être irrêvé, le martyr improbable, qui vous nourrit de son pain, vous vêt de sa laine, vous engraisse de sa chair, vous enrichit de son argent, avec la seule perspective de recevoir, en échange de ces prodigalités, des coups de trique sur la nuque, des coups de pied au derrière, quand ce n’est pas des coups de fusil dans la poitrine, en vérité, cela dépasse les notions déjà pas mal pessimistes que je m’étais faites jusqu’ici de la sottise humaine, en général, et de la sottise française en particulier, notre chère et immortelle sottise, ô chauvin ! «
On imagine l’auteur de ce recueil de nouvelles où l’imaginaire est plaqué au réel, penché à sa table de travail, cherchant le mot juste, en pesant toutes les possibilités, en ciselant l’ouvrage, les ajustant l’un après l’autre et l’un dans l’autre pour constituer ce puzzle littéraire et habiller chaque nouvelle, de l’atmosphère parti-culière qui l’imprègne….
Je lève mon verre à tous ces fous, ces inadaptés, ces rebelles, ces faiseurs de troubles, ces metteurs de chevilles rondes dans les trous carrés. Ceux qui voient les choses différemment et ne s’adaptent pas aux règles et n’ont aucun respect pour le statut quo. Vous pouvez les encenser, les contredire, les citer, ne pas les croire, les glorifier ou les endiabler. Mais à peu près la seule chose que vous ne pouvez faire est de les ignorer. Parce qu’ils changent les choses, ils inventent, ils imaginent, ils guérissent, ils explorent, ils créent, ils inspirent. Ils poussent la race humaine en avant.
Georges Orwell s’est toujours défini comme un écrivain engagé : Ce que j’ai le plus ardemment désiré au cours de ces dix dernières années est de faire de l’écriture politique un art à part entière. Ce qui me pousse au travail, c’est toujours le sentiment d’une injustice, et l’idée qu’il faut prendre parti. Quand je…