Publier soi-même un livre, c’est d’abord, d’une façon quasi certaine, assumer son abandon. C’est un peu le môme décalé que l’on ne sait plus par quel bout prendre pour que justement, il parvienne à tenir debout tout seul. Alors, on s’en remet à sa bonne étoile et on le confie au quidam qui passe, à…
Meurtres en haut lieu touche au tragique et a un impact plus dévastateur que la série américaine Black List, car il est réel, palpable, et agit à guichets fermés juste sous nos yeux. Rien n’a changé et rien ne changera tant que les citoyens que nous sommes censés être auront la tête dans le cul et se laisseront embastillés par des contre-états illusoires, juste pour se sentir moins couillons et plus propres. Tout va bien dans le meilleur des mondes.
A quoi sert de se faire éditer par une maison d’édition, quelle que soit son importance, si elle ne fait d’autre promotion pour les auteurs qu’elle prétend « défendre » que celle de diffuser leurs livres, tout azimut et sous tous les formats possibles, des méga-plateformes phagocytaires aux librairies virtuelles, elles-mêmes noyées dans une pléthore de vitrines…
Tout commence par le récit, talentueux et étonnamment évocateur dans sa réalité narrative, d’un attentat en plein Paris au cours duquel le terroriste, responsable du massacre, sauve malgré lui le petit Alexandre, fils d’un homme politique influent et de la femme qu’il vient de blesser mortellement, avant de disparaître avec l’enfant. Qui est-il ? A quelle mouvance appartient-il ? A qui obéit-il ? La réponse constitue la trame du roman.
Voilà un livre dont on ne comprend le véritable propos qu’au final. Roman policier ? Si l’on s’en tient au fait qu’il y a une disparition, celle de Louis Delamare, un type apparemment insipide afin de mieux occulter son obscurité malfaisante, d’un commissaire, Alceste Proust, un tantinet décalé qui mène l’enquête confiant en ses talents olfactifs pour débusquer les coupables, de quelques rousses violées, disparues ou assassinées, d’une femme, Odile, jolie rousse qui aime de l’amour, la domination qu’elle en subit, on a les ingrédients d’un polar, excepté peut-être ceux du sexe, de l’hémoglobine qui gerbe à gros bouillons et surtout du fameux suspens chargé de tenir en haleine ad nauseam le lecteur.