D’année en année, l’été se rétrécit. A peine terminée l’année scolaire, cartables et cahiers font déjà leur mannequinat studieux aux rayons des supermarchés, tandis que Bison futé, le GPS du peuple en transhumance, nous peaufine méticuleusement des départs et des retours flashés aux radars. Le soleil n’est plus que cancer de la peau et déshydratation mortifère. La canicule, période climatique normale dans laquelle le paysan d’autrefois était capable de prédire la couleur des saisons et des moissons, nous fait virer à l’orange de la vigilance, entre sécheresse implacable et crépitement d’orages électriques. Tout est menace, tout est problème, tout est déprime. On se sentirait presque coupable de cette jouissance estivale aux senteurs libertaires qui nous froufroutent des frémissements procurant à la vraie vie, un sale parfum d’amertume. Hélas, la météo médiatique, fatiguée de subir cette censure solaire, a tôt fait de nous rappeler qu’elle est aux ordres d’un ciel entoilé de tourmentes terrestres, promptes à enténébrer notre laborieux quotidien.
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