Toute crise a ses points de rupture, une fragilité antérieure et annonciatrice de la prévisible fracture. Ainsi, il y a eu la France d’en haut et celle d’en bas, celle des people bling-bling avec leur glamour, leur land, leurs sex-stories et leurs Porsches Panamera et celle des culs- terreux, du péquenot d’hier au prolo d’avant-hier, jusqu’au ravaudage permanent du tissu social d’aujourd’hui, en passant par celui du peuple démocratiquement indigné qui en bave dur pour remplir quotidiennement son frigo de surgelés et de bio allégés. Les Républiques changent, les monarques et leurs courtisans restent. Autres temps, autres étiquettes, la danse continue en chaloupé binaire. Le rustre, le plouc, l’inculte, le béotien contre l’élite, la crème, l’intelligentsia, la fine fleur de la nation, la chefferie et ses oligarchies fluctuantes et légitimées, bref celle à qui l’on octroie une supériorité morale, intellectuelle et culturelle, dont le propre est de qualifier en disqualifiant et le but, de protéger la masse brouillonne de son incurable crétinisme, voire de ses perversités en latence, en prenant – en son nom et sans la consulter – toutes les décisions, qu’elles la concernent de près ou de loin.
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