Chaque fois que j’ouvre un journal, chaque fois que j’écoute les informations télévisées, ou plutôt ce que l’on veut bien nous en servir, je me demande si je n’appartiens pas à une ère préhistorique. Qui peut trouver encore ses repères dans ce monde déboussolé ? Pourtant, s’il ne va pas mieux, il ne va pas…
Scénario catastrophe ou mise en gerbe d’un futur poussé jusque dans ses derniers retranchements ? Au lecteur de juger. Christian Lestavel nous livre dans 2025, le protocole de Glace, premier volet d’une série de romans d’anticipation politique, où fiction et réalité se mêlent étroitement, une analyse lucide et dérangeante du pathos endémique dont souffrent nos systèmes gouvernementaux, quelles que soient les idéologies de carton-pâte dont ils se réclament, et dont nous engrossons allégrement les symptômes.
Il y a l’Histoire qui s’écrit avec une majuscule, faite de dates, de faits, de circonstances, de drames et de commémorations. Dans la mémoire collective, celle-ci s’inscrit comme une réalité passée qui ne peut se rejouer. On finit même par oublier cette Histoire, quand non l’interpréter comme il nous convient. Et puis, il y a l’autre, celle qui se raconte avec un h minuscule, l’histoire de l’histoire de l’histoire. Et celle-là, on ne l’oublie pas tant elle nous touche de par son universalité.
L’ouvrage de Philippe Catteau, Je n’ai pas tué mon père, donne des clefs pour réfléchir à ce qui deviendra promptement un problème majeur du fait de l’augmentation de ce qu’il est convenu d’appeler les seniors, bien qu’il évite, à mon sens, de souligner certains aspects polémiques liés au contrôle de fin de vie, dont entre autres : le rôle de la science et particulièrement de la médecine de plus en plus éloignée des contingences humaines et qui peu à peu a la main mise sur notre corps et notre esprit qu’elle gère comme un concept technologique ; la pression de l’Ordre des médecins et des labos pharmaceutiques dont la maladie, bien plus que notre santé, est le fond de commerce capitaliste ….
Laure Lapègue soulève l’apartheid invisible qui divise les êtres en féminin et masculin et les emprisonne dans une fonction sociale et sexuelle, renvoyant la bienveillance à une impossibilité normative. Mais il lui manque, pour casser les codes de ces personnages parfois archétypaux, et c’est sans doute cela qui m’a mis mal à l’aise à sa lecture de cette intrigue fort bien menée, cette perception essentielle de la féminité, à savoir un état méditatif qui ouvre l’être humain aux mystères de la vie et du monde qui l’entoure, afin d’accomplir> ce rôle que chacun et chacune doit avoir dans la vie, rôle qui n’est pas unipolaire, mais bipolaire, masculin et féminin tout à la fois, et n’a rien à voir avec le fait de posséder une paire d’ovaires ou de testicules.