Ma truite d’amour,
Je t’ai rencontré chez un merlan. Tu te faisais rectifier la voilure au plus court. Je suis resté muet comme une carpe, tellement tu étais roulée comme une belle dorade. Il faut dire que je ne suis pas très avenant et grand comme une perche….
L’art de la joie est une manière d’être au monde. Accepter l’existence telle qu’elle est par un lâcher-prise constant, ce que d’aucuns nomment actuellement l’esprit d’enfance. Rester serein quelles que soient les tempêtes auxquelles l’on s’affronte. Et surtout, ne jamais perdre cette foi incorruptible aussi irrévérencieuse que jubilatoire en la vie qu’il nous est donné…
« Pas d’amour de vivre sans désespoir de vivre. » Ainsi pourrait se résumer le premier roman de Stéphane Arfi, La vie magnifique de Frank Dragon. Une vie ordinaire, parce que celle d’un enfant juif, pris dans la tourmente de la seconde guerre mondiale, des rafles et des dénonciations. Une vie extraordinaire parce que immergée dans l’imagination…
Au terme de cet ouvrage passionnant, une interrogation demeure néanmoins en suspens. Pourquoi ne parle-t-on jamais, ou très rarement, des quelques 200 000 Français qui en 1963 ont refusé la valise ou le cercueil ? La peur a peut-être aussi son racisme.
François (Fillon) en avait gros sur la patate. La rumeur lui donnait des coups en vache. Il regarda sa douce moitié qui avec son air de ne pas y toucher, était loin de nager dans le potage.
« Ne vous en faites pas mon ami, lui ditsa femme. On va s’en tirer. Vous et moi, nous sommes comme pain et beurre depuis tant d’années que nous allons n’en faire qu’une bouchée de tous ces jobs fictifs. Quand on veut se faire de l’oseille, il faut savoir raconter des salades. Dans l’affaire, je joue la poire. Le public et les médias me prennent pour une truffe et en font leurs choux gras. Je serais la cerise sur votre gâteau. Vous m’auriez utilisée à mon insu et exprimée comme une orange