Qui est victime, et de qui ou de quoi ? Qui est complice, et de qui ou de quoi ? La mère victime de son enfance déchirée et austère, de son éducation rigide, collaboratrice de sa foi bigote, de son mariage sans épanouissement, ou de son choix, consenti plutôt que subi, de se planquer derrière la multiplicité des taches quotidiennes et des convenances, de son refus à s’impliquer dans sa propre vie et de rompre enfin avec le monde qu’elle s’est patiemment construit afin de s’exiler volontairement de celui où elle existe et qu’elle désespère de contrôler au prix de son propre anéantissement ?
Toute crise a ses points de rupture, une fragilité antérieure et annonciatrice de la prévisible fracture. Ainsi, il y a eu la France d’en haut et celle d’en bas, celle des people bling-bling avec leur glamour, leur land, leurs sex-stories et leurs Porsches Panamera et celle des culs- terreux, du péquenot d’hier au prolo d’avant-hier, jusqu’au ravaudage permanent du tissu social d’aujourd’hui, en passant par celui du peuple démocratiquement indigné qui en bave dur pour remplir quotidiennement son frigo de surgelés et de bio allégés. Les Républiques changent, les monarques et leurs courtisans restent. Autres temps, autres étiquettes, la danse continue en chaloupé binaire. Le rustre, le plouc, l’inculte, le béotien contre l’élite, la crème, l’intelligentsia, la fine fleur de la nation, la chefferie et ses oligarchies fluctuantes et légitimées, bref celle à qui l’on octroie une supériorité morale, intellectuelle et culturelle, dont le propre est de qualifier en disqualifiant et le but, de protéger la masse brouillonne de son incurable crétinisme, voire de ses perversités en latence, en prenant – en son nom et sans la consulter – toutes les décisions, qu’elles la concernent de près ou de loin.
Entrer en politique, en religion, en business, en littérature ou en art, bref dans tous ces grands bazars qui font résonner les trompettes de la renommée à nos oreilles éblouies, avant que nous en percevions la cacophonie, ne dépend que de la porte que l’on prend. Et malheureusement, d’une époque à l’autre, d’une chapelle à l’autre, d’un royaume à l’autre, elles demeurent inchangées.
Dans Née d’une côte d’Adam, la jeune Ebla, vendue par son grand-père à un vieillard qu’elle n’a jamais vu, a le choix : assumer ce mariage et ce qu’il suppose de chemin tracé ou vivre son refus. Elle choisit de se donner une opportunité, celle de grandir pour et par elle-même et part pour Mogadiscio, afin de donner le sens qu’elle veut à sa vie.
Sélection de photographies de Dusko Miljanic présentées dans le cadre de l’exposition Barvale, 32 portraits en couleur de Roms, dont deux enfants, qui ont réussi leur vie. Dusko Miljanic a photographié des musiciens, des chefs cuisiniers, des sportifs célèbres, des politiciens, des acteurs, des hommes d’affaires et d’autres personnes encore. Matéo Maximoff fut l’un…