Loin de la masturbation intellectuelle vérolée d’impuissance sexuelle à laquelle Michel Houellebecq nous prie de bien vouloir assister en lecteur voyeur et consentant dans son dernier ouvrage Soumission, Le moine de Képhas nous plonge dans une fiction vs prémonitoire. Assassinat d’un imam de la mosquée de Villeurbanne, rebellions musclées dans les banlieues, chars antiémeutes, arrestations,…
Ecriture fluide, sans fioritures. Personnages carrés, bien campés. Un flic charismatique, le Commandant Chanel, qui dirige une équipe d’individus droits dans leurs bottes, mais dont les compétences professionnelles, propres à chacun, cimentent la liberté d’agir. Loin donc du cliché de l’inspecteur alcoolique, désespéré, mal fringué, mal rasé, ayant pour confesseur et pour compagnes les tapineuses…
Trop jeune pour avoir connu l’occupation soviétique, Qais Akbar Omar trempe sa mémoire dans la clameur qui en 1992, enflamma Kaboul lorsque les Moudjahidines y entrèrent au cri d’Allah Akbar. Bientôt, ce cri allait être étouffé dans le chaos et la sidération collective dans laquelle allaient sombrer les Kaboulis. Chaque faction – les Patchouns, maîtres du pays depuis 1747, dont le célèbre commandant Massoud qui ne fut pas en reste de cruauté gratuite, les Tadjik, les Ouzbèkes ou encore, les Hazaras, honnis de tous – mit la ville en coupe réglée. Chacune son territoire, ses seigneurs de la guerre fanatiques, ses bandes sanguinaires de pilleurs, de violeurs et d’assassins, toute prison ouverte, ses check points, ses tirs de roquette, ses snipers et sa barbarie. La faim, la mort gratuite, la vie qui ne vaut plus rien.
Une femme en bleu, titre du dernier livre de Michèle Jullian, est le fil d’Ariane ténu qui en dévide l’univers dichotomique et binaire. Dichotomique, parce que chacun des personnages tait ce qu’il pense et fait semblant d’être ce qu’il n’est pas. Binaire, parce que les êtres et les choses vont par couple. Claire et Sasha,…
En 1978, l’Iran est secoué par une violente révolte populaire menée par des étudiants, des chômeurs et des syndicats. Les protestataires s’insurgent contre le pouvoir corrompu de Mohammed Reza Pahlavi. En janvier 1979, la révolte atteint son paroxysme, le chah et son épouse quittent l’Iran. Le vide ainsi créé permet le retour du chef religieux…